La "Banane" 

Quartier Saint-Géry Bruxelles
 

 
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La Banane date de 1878 .  Sa construction correspond aux travaux de 
recouvrement de la  Senne ainsi que de l'aménagement et de la création de 
la rue Van Artevelde le long de la place Saint-Gery.  Ces aménagements ont 
causé la destruction de bâtiments centenaires.  Vue du ciel, la banane 
ressemble à un long rectangle, large en son milieu et effilée à ses 
extrémités.  Les façades des boulevards Adolphe Max, Jacquemain, Anspach et Lemonier datent de cette même époque. 

A ce moment Saint-Géry était le quartier des artisants, commerçants, 
tenanciers et de la petite bourgeoisie ; mais aussi de certains fermiers 
qui venaient vendre aux halles viande, oeufs, et lait de leur ferme. 
Un siècle plus tard, les halles fermaient leur portes suite à la fuite 
urbaine vers la campagne ; emportant avec elle la vie animée du quartier. 
L'échevin a exproprié une dizaine de maisons et les a rénové à 
l'exception de la Banane. 
La ville estimait que le secteur privé devait également investir dans le 
quartier.  En 1988 un lot de 13 maisons a été vendu pour 18,5 milions de 
francs. 

Le maître d'oeuvre s.a. Saint-Géry s'était engagé à rénover et à faire des 
appartements dans le lot de maisons, ce qui n'a  jamais été réalisé.  Il 
avait aussi pris un bail de 30 ans sur les halles.   Ce même  promoteur 
achète un bloc place Saint-Géry pour la somme de 2,4 millions de francs. 
Puis revend le tout en 1990 pour la somme de 76,2 millions de francs à un 
promoteur français qui le revend un an plus tard à un promoteur Bruxellois 
pour la somme de 95 milions de francs. 

Les maisons avaient entretemps été détruites à l'exception des façades.  En 
1991 deux bâtiments annexes ont été achetés pour la somme de 11,8 millions de francs.  En faisant le compte, nous arrivons à la somme de 108.8 millions de francs belge.  Entretemps rien n'a été renové.  Les promoteurs voulaient 
construire des hôtels et des bureaux, qui, sur le marché de l'immobilier, 
valent le double des appartements de rapport. Banaan anno 1998 Pour prouver que les appartements de rapport sont une solution viable, la 
ville rachète le bloc complet pour 37,8 millions de francs et va à la 
recherche d'un entrepreneur pour la réalisation de son projet.  Cette somme 
représente moins que les transactions entre les différents promoteurs, mais 
néanmoins le double de ce que la ville avait reçu lors de la première vente 
en 1988.  Trois maisons démolies se sont néanmoins rajoutées au lot. 

Une analyse déconcertante, situation 5/98 
Résumons, la ville est propriétaire pour l'instant de la banane pour 
laquelle elle a payé un prix trop élevé après un caroussel de reventes.  La 
ville envisage de revendre la Banane à un promoteur au même prix.  Ce 
projet peut être remboursé à hauteur de 75 % par la région bruxelloise dans 
le cadre des comités de quartier.  C'est la région qui doit intervenir à 
cause d'une gestion défaillante de la ville.  Un élément clé dans ce 
dossier est que la ville a oublié de réclamer la garantie bancaire de 10,5 
millions de francs au dernier propriétaire pour le non-respect du contrat de 
construction.  Le projet actuel comporte des risques en tout genre : 
La reconstruction d'un rez commercial avec une façade en verre opaque 
risquerait de casser l'harmonie de la place Saint-Géry.  Il n'est pas 
agréable de passer le long d'une façade pareille.  Comment est-ce que le 
tissu social du quartier va réagir à ce nouveau commerce?  L'impact du GB 
et du Delhaize avoisinant présage peu de bonnes choses.  En plus que faire 
si la superette disparaissait?  Référons nous aux halles St. Géry qui 
n'ont vraisemblablement pas trouvé d’affectation, 7 ans après leur restauration. 

Les 35 appartements ont une seule entrée et aboutissent dans une cour 
intérieure.  A-t-on pensé  à la sécurité et à la viabilité?  La plupart du 
temps ces complexes vieillissent mal.  Quelles seraient les possibilités de 
location au dessus d'un espace vide?  Comparons la réussite des rénovations 
rue de la Grande Ile par Landmaster Invest et celles de la ville dans la 
rue des Riches Claires.  Les probabilités de réussite économique de ce 
projet tant son intégration harmonieuse dans le quartier sont nulles. 
Il est grand temps que les instances publiques de notre ville adoptent une 
politique cohérente de gestion du patrimoine et se rendent compte des 
potentialités de ce projet.  Se manifester comme un vendeur pressé 
n'améliore pas les choses. 

Notre point de vue 
Notre préoccupation majeure est l'ouverture du supermarché Lidl et les 
vitrines opaques.  Nous nous sommes ralliés au point de vue de la plateforme 
du 'comité des habitants de Bruxelles-ville, Pétition Patrimoine, 
Interenvironnement et Bral" et ce pour les raisons suivantes : 
principalement le respect du cadre historique et le fait que la direction 
du Lidl n'a pas pris en compte nos remarques et suggestions. 

Et la suite?  
Le projet Lidl poursuit son cours.  Comme prévu, il y aura un grand espace commercial, ainsi que trois niveaux de parking souterrain.  Par contre, contrairement à la demande du mois d'avril, 7 façades de la place St-Géry sont maintenues, sans étage supplémentaire. Aux étages, ainsi que du côté de la rue Van Aertevelde, des appartements seront à vendre. Dans cette rue, une nouvelle construction est prévue. Les plans ont déjà été approuvés par la Ville au mois de juillet 98.
 

 
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